Fraudes à l'investissement en Belgique : ce que les chiffres 2025 de la FSMA révèlent

Les fraudes à l'investissement ne sont pas un phénomène marginal en Belgique. En 2025, la FSMA (Autorité des services et marchés financiers) a reçu 2 911 signalements concernant des activités irrégulières ou des fraudes, soit une hausse de 11 % par rapport à 2024. Depuis 2017, ce chiffre augmente en moyenne de près de 20 % chaque année. En cumulant les deux semestres, les pertes déclarées pour l'année dépassent 38 millions d'euros, et ce montant ne reflète que les cas officiellement signalés au régulateur.
Je lis ces chiffres moins comme une statistique que comme une carte des méthodes employées par les escrocs. Cet article présente les grandes tendances relevées par la FSMA, les deux mécanismes qui ont fait le plus de dégâts en 2025, et les réflexes de base à connaître si vous avez été touché.
Quelles fraudes coûtent le plus cher aux Belges ?
Deux catégories concentrent l'essentiel des pertes : les fausses plateformes de trading, souvent présentées comme des investissements en cryptomonnaies, et les groupes WhatsApp de prétendus « conseils exclusifs ». Le tableau de bord de la FSMA pour le second semestre 2025, publié en janvier 2026, recense 1 622 signalements sur la période juillet-décembre, pour plus de 23 millions d'euros de pertes déclarées.
Les fausses plateformes de trading et de cryptomonnaies y représentent 612 signalements et plus de 10,5 millions d'euros de pertes. Le reste se répartit entre la fraude au crédit, les recovery rooms, la gestion frauduleuse de patrimoine, les boiler rooms ou encore les fraudes pyramidales, avec des montants nettement plus faibles. Sur l'ensemble de l'année 2025, la FSMA a publié des mises en garde concernant 240 entités frauduleuses et 316 sites web, dont plus de 65 % opéraient sous la forme de plateformes de trading frauduleuses.
Pourquoi l'arnaque WhatsApp marque-t-elle un tournant ?
Parce qu'elle est apparue en 2025 et qu'elle a immédiatement atteint des montants considérables : 263 signalements et 9,5 millions d'euros de pertes en six mois. Prenons ce chiffre au sérieux : il représente une moyenne de 73 000 € par victime, avec dans certains cas des pertes de plusieurs centaines de milliers d'euros.
Le mécanisme est rodé. Une publicité sur Facebook ou Instagram invite à rejoindre un groupe WhatsApp présenté comme un cercle fermé d'analystes financiers. Ces groupes sont pilotés par des escrocs qui se font passer pour des économistes renommés ou des dirigeants de sociétés d'investissement. Les personnes les plus souvent ciblées sont des personnes âgées de 50 à 69 ans.
À mon sens, ce phénomène illustre une tendance lourde : les escrocs délaissent les sites web frauduleux isolés au profit des messageries grand public, où la relation de confiance se construit plus naturellement et où la victime ne peut pratiquement pas vérifier l'identité de son interlocuteur. Le fonctionnement détaillé de cette arnaque est décrit dans l'article consacré à l'arnaque aux conseils d'investissement via WhatsApp.
Que sont les recovery rooms et pourquoi visent-elles les victimes ?
Les recovery rooms sont une deuxième arnaque qui vise les victimes de la première. Les escrocs contactent des personnes déjà flouées en se faisant passer pour des autorités publiques (police, administration fiscale, FSMA elle-même) ou pour des cabinets de recouvrement, et promettent de récupérer les fonds perdus moyennant des frais.
Au second semestre 2025, 183 signalements ont été reçus pour ce type de fraude, représentant 859 711 € de pertes supplémentaires. Cette arnaque exploite la vulnérabilité émotionnelle des victimes et leur espoir de récupérer leur argent. La FSMA rappelle régulièrement qu'aucune autorité légitime ne vous contactera pour vous proposer de récupérer des fonds perdus contre rémunération.
Comment se protéger avant d'investir ?
Le premier réflexe tient en une vérification : consulter la liste des alertes et mises en garde de la FSMA avant de faire confiance à une plateforme ou à un conseiller financier. Cette vérification prend moins de deux minutes.
Dès qu'un montant significatif est en jeu, je recommande d'aller plus loin avec la checklist de due diligence avant tout investissement crypto.
Quand une analyse au cas par cas devient-elle nécessaire ?
Les transactions en cryptomonnaies sont irréversibles par nature, ce qui ne signifie pas que tout recours est fermé. Plusieurs situations exigent toutefois une analyse précise de votre dossier : la plainte pénale à construire autour de transferts parfois éparpillés, la procédure civile contre des responsables qu'il faut d'abord pouvoir identifier, ou l'action contre des intermédiaires belges qui auraient facilité les transferts. S'y ajoute le cas des victimes contactées par une prétendue structure de recouvrement, qui doivent distinguer une démarche légitime d'une seconde fraude.
Ces questions dépendent des pièces dont vous disposez et du parcours des fonds : elles relèvent d'une consultation.
FAQ : fraudes à l'investissement en Belgique
Combien de signalements la FSMA a-t-elle reçus en 2025 ?
La FSMA a reçu 2 911 signalements en 2025, en hausse de 11 % par rapport à 2024. Ce chiffre ne couvre que les faits signalés au régulateur, de sorte qu'il sous-estime la réalité.
Qui est ciblé par les escrocs en Belgique ?
Toute personne disposant d'épargne et cherchant à la faire fructifier est une cible potentielle, quel que soit son niveau de connaissances financières.
Où signaler une fraude à l'investissement en Belgique ?
Vous pouvez signaler une fraude via le formulaire de la FSMA, déposer plainte auprès de la police et contacter votre banque si des fonds ont transité par un compte belge.
La FSMA peut-elle récupérer mon argent ?
Non. La FSMA est un régulateur : elle peut enquêter, sanctionner des entités et mettre en garde le public, mais elle n'a pas de mission de recouvrement de fonds individuels. La récupération de sommes perdues passe par la voie judiciaire.
Si vous pensez avoir été victime d'une fraude à l'investissement, vous n'avez pas à affronter seul cette situation. J'accompagne les victimes de fraudes à l'investissement et d'arnaques crypto dans leurs démarches juridiques, qu'il s'agisse de la plainte pénale, d'une procédure civile ou d'une action contre des intermédiaires.
Vous pouvez prendre rendez-vous avec un avocat pour faire analyser votre dossier, en particulier si des montants importants sont en jeu ou si vous avez été recontacté par une structure promettant de récupérer vos fonds.
Article rédigé par Florian Ernotte, avocat (Avroy Avocats) — mis à jour octobre 2026. Chiffres issus du tableau de bord FSMA des fraudes à l'investissement, second semestre 2025, publié en janvier 2026. Cet article donne une information générale et ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé. Pour votre situation, consultez un avocat. Pour le panorama complet, voir le guide des arnaques crypto en Belgique en 2026 et, si vous venez d'être victime, l'article sur les premières 24 heures après une arnaque crypto.